Colère incontrôlable : une mémoire activée ?
Il arrive parfois qu’une colère surgisse de manière disproportionnée.
Un mot, un ton, un regard… et la réaction semble dépasser largement la situation.
Et si ce n’était pas “trop de caractère” mais… une mémoire activée ?
Quand le passé s’invite dans le présent
Notre cerveau enregistre les expériences marquantes — surtout celles qui ont été vécues avec peur, humiliation, injustice ou impuissance.
Lorsqu’un événement n’a pas été digéré émotionnellement, il peut rester “stocké” dans le système nerveux sous forme de mémoire non retraitée, c'est ce qu'on appelle la mémoire traumatique.
Des années plus tard, une situation ressemblante peut agir comme un déclencheur.
Le cerveau ne fait pas toujours la différence entre passé et présent.
Ce que nous appelons “colère incontrôlable” peut alors être :
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une ancienne injustice réactivée
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une blessure d’abandon ou de rejet
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une humiliation jamais digérée
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un sentiment d’impuissance qui se transforme en agressivité
La réaction est actuelle.
Mais l’intensité appartient souvent au passé.
Le rôle du corps
La colère n’est pas qu’une émotion psychologique.
Elle active :
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le système nerveux sympathique
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l’adrénaline
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l’accélération cardiaque
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la tension musculaire
C’est une réponse de défense.
Si l’on a appris enfant qu’il fallait se défendre pour exister, la colère devient parfois un réflexe de survie.
Ce n’est pas un problème de volonté
Beaucoup de personnes se reprochent leurs réactions :
“Je suis excessive.”
“Je n’aurais pas dû.”
“Je ne me reconnais pas.”
Mais lorsqu’une mémoire traumatique est activée, ce n’est pas une question de contrôle.
C’est un automatisme neurobiologique.
C'est quoi un automatisme neurobiologique ?
Un automatisme neurobiologique désigne une réponse comportementale, émotionnelle ou physiologique déclenchée de manière rapide et non consciente par des circuits neuronaux préalablement consolidés, en réponse à un stimulus interne ou externe.
Explication neurobiologique :
Le système nerveux central fonctionne selon un principe d’optimisation énergétique et de rapidité de réponse. Lorsqu’un stimulus est associé de façon répétée à une expérience émotionnelle ou comportementale, le cerveau renforce certains réseaux synaptiques par un mécanisme de plasticité neuronale (potentialisation à long terme).
Avec le temps, ces réseaux deviennent automatisés : l’information sensorielle active directement des structures cérébrales impliquées dans la réponse émotionnelle ou motrice, sans mobilisation préalable des processus cognitifs conscients du cortex préfrontal.
Structures cérébrales impliquées
Plusieurs systèmes neurobiologiques participent à ces réponses automatiques :
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L’amygdale : détection rapide des stimuli émotionnellement saillants (notamment la menace) et activation de la réponse de stress.
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Les ganglions de la base : stockage et automatisation des habitudes comportementales.
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L’hippocampe : contextualisation mnésique des expériences passées.
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Le système nerveux autonome : mise en œuvre de la réponse physiologique (activation sympathique, libération d’adrénaline et de cortisol).
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Le cortex préfrontal : régulation et inhibition des réponses automatiques (lorsqu’il a le temps d’intervenir).
Fonction adaptative
Ces automatismes ont une fonction adaptative : ils permettent une réaction rapide face à l’environnement, notamment dans les situations de danger.
Cependant, lorsque ces circuits sont associés à des expériences émotionnelles traumatiques ou fortement stressantes, ils peuvent se maintenir de manière inadaptée et générer des réponses disproportionnées ou dysfonctionnelles.
Exemple concret
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Une personne qui a vécu une agression peut ressentir une peur immédiate dans la rue, même si la situation est sûre.
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Quelqu’un peut se mettre en colère très vite face à une remarque.
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Une personne stressée peut se ronger les ongles automatiquement.
Dans ces cas, la réaction est pilotée par des circuits cérébraux automatiques (amygdale, système limbique, système nerveux autonome).
Lien avec les mémoires émotionnelles
Dans ce contexte, un stimulus rappelant l’expérience initiale peut réactiver le réseau mnésique associé, entraînant automatiquement :
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une réponse émotionnelle intense
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une activation du système de stress
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des comportements réflexes (évitement, attaque, inhibition).
Peut-on apaiser ces réactions ?
Oui.
Lorsque la mémoire à l’origine de la réaction est identifiée et retraitée (par exemple via des approches comme l’EMDR), l’intensité émotionnelle diminue.
La personne ne devient pas “moins sensible”.
Elle redevient libre de sa réaction.
Le lien avec l'EMDR :
En thérapie (notamment en EMDR), on considère que certains automatismes viennent de mémoires émotionnelles non digérées.
Le travail thérapeutique vise à :
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désactiver ces automatismes
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retraiter la mémoire
-
permettre au cerveau de réagir différemment.
Prenons un exemple concret...
Claire, 38 ans, se met dans une colère noire lorsque son conjoint oublie quelque chose d’important.
Un simple “j’ai oublié” déclenche chez elle une réaction intense : reproches, ton sec, fermeture émotionnelle.
Sur le moment, elle sait que sa réaction est excessive… mais elle n’arrive pas à faire autrement.
En travaillant en thérapie, une scène d’enfance émerge :
à 8 ans, son père lui promettait souvent des choses qu’il ne tenait pas. Elle ressentait alors une immense déception mêlée d’impuissance, sans pouvoir l’exprimer.
Aujourd’hui, lorsque son partenaire oublie quelque chose, ce n’est pas seulement un oubli qu’elle vit.
C’est inconsciemment la petite fille déçue qui se réactive.
La colère n’est plus seulement liée à l’événement présent.
Elle est amplifiée par une mémoire ancienne non digérée.
Besoin de travailler en EMDR ?
Une colère disproportionnée n’est pas toujours un défaut de caractère.
C’est parfois une mémoire qui demande à être entendue et intégrée.
Et derrière la colère, il y a souvent une blessure...
Psychopraticienne spécialisée dans les thérapies brèves, concrètes, pragmatiques que sont l'EMDR et l'approche systémique stratégique selon Palo Alto, je peux vous permettre de trouver les clés et retrouver votre équilibre.
Mes cabinets pour vos consultations en EMDR ou en Thérapie brève Systémique et Stratégique selon le modèle de Palo Alto sont localisés soit sur Lyon ou Paris du lundi au samedi matin.
(Je ne fais pas de distanciel pour l'EMDR.)
La thérapie EMDR : Traite des perturbations émotionnelles ou des troubles psychologiques liés à des épisodes traumatiques anciens ou récents.
La thérapie brève systémique et stratégique selon le modèle de Palo Alto : Ce modèle est fondé sur la mise en place de stratégies de changement et la résolution de problèmes liés à des souffrances psychologiques et/ou relationnelles.
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